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BIOGRAPHIE DE MARCELLIN BERTHELOT


Marcellin BerthelotPierre-Eugène Marcellin Berthelot, plus connu sous le nom de Marcellin Berthelot, est né le 25 octobre 1827 à Paris. Touche à tout, il est tour à tour chimiste, essayiste, historien des sciences et homme politique. Adolescent, ce fils de médecin fait de brillantes études au lycée Henri IV et s’intéresse à plusieurs sujets dont l’histoire, les sciences et la philosophie. C’est à cette époque qu’il rencontre son ami Ernest Renan. Très liés, ils resteront proches tout au long de leur vie.

Lorsqu’il entre à la Faculté des sciences, il a la possibilité de travailler dans le laboratoire privé de Théophile-Jules Pelouze, ce qui lui donne une liberté totale de manœuvre. En 1851, le jeune homme de 24 ans décide de travailler au Collège de France et de devenir le préparateur de son ancien maître, Antoine Jérôme Balard, poste qu’il va occuper pendant 9 ans. Il obtient son doctorat en 1854 grâce à une thèse sur la structure et la synthèse des graisses et sur la combinaison du glycérol avec les acides. C’est à cette époque qu’il commence à effectuer des recherches sur des composés organiques de nature assez complexe. Sa synthèse de l'alcool ordinaire en 1854 et celle de l'alcool méthylique en 1855, ne sont que les premières d’une longue série. Il poursuit avec la synthèse de l’acide fornique en 1856, du méthane en 1863 et du benzène en 1866. La plus importante et plus célèbre est sans doute celle de l’acétylène pratiquée en 1863 car elle est effectuée à partir de carbone et d'hydrogène sous l'action d'un arc électrique appelé « œuf électrique de Berthelot ». Marcellin Berthelot s’intéresse à la réaction d’estérification. Ses thèses portent sur les composés de synthèse et sur la saponification des corps gras et de la glycérine. Ayant déterminé le principe de la fixation de l’azote par les plantes et par les microbes du sol, il est à l’origine des engrais chimiques que les agriculteurs utilisent. Il rédige également des thèses sur la chaleur et le principe de combustion. Lorsqu’il effectue des recherches sur la thermochimie, dont il fait l’application dans les explosifs, il devient le 1er à étudier la décomposition des composés explosifs. Avec Paul Vieille, il met au point l’explosif sans fumée en 1870 et trouve ainsi des applications militaires à ces travaux.

A partir des années 1850, il ne va cesser de monter en grade. Suite à l’obtention de son diplôme de pharmacien en 1858, Marcellin Berthelot va enseigner la pharmacie en 1859 à l’Ecole Supérieur de Pharmacie. Sous l’impulsion des principaux professeurs du Collège de France et chimistes de l'Académie des sciences, une chaire de chimie organique est crée spécifiquement pour lui le 8 août 1865 au Collège de France. Ce poste offre la possibilité au nouveau professeur de chimie de développer de nouvelles idées, notamment celles sur la synthèse, la mécanique chimique et la thermochimie. Grâce à ses travaux, il devient membre de l’Académie de médecine en 1863 et membre de l’Académie des sciences en 1873. Lorsque Louis Pasteur, atteint d’hémiplégie, démissionne du poste de secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences en 1889, la place lui est proposée. Il est également nommé Inspecteur de l’Enseignement Supérieur en 1876. Au fil des années, il va occuper des fonctions de plus en plus importantes, et même entrer au gouvernement en tant que Ministre de l’Instruction publique et des Beaux Arts du 11 décembre 1886 au 17 mai 1887 dans le gouvernement de René Goblet et Ministre des Affaires étrangères du 1er novembre 1895 au 23 avril 1896 dans le gouvernement de Léon Bourgeois. Il a même l’honneur d’entrer à l’Académie Française en 1900. Son influence dans les milieux scientifiques est alors considérable.

En dépit des recherches qu’il a effectuées et des mémoires qu’il a rédigés, certaines personnes reprochent au scientifique de donner son avis sur des sujets qu’il ne maîtrise pas du tout, comme l’économie. Son bilan scientifique est également terni par le refus qu’il a d’admettre la véracité de la théorie atomique par rapport à la théorie des équivalences. Son influence est telle qu’il peut bloquer les projets et sujets n’abondants pas dans le sens qu’il souhaite. Selon certains grands chimistes, son rejet persistant a provoqué un retard du développement de la chimie organique en France. Son enseignement dans le pays ne commence qu’en 1902, alors que des pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne l’étudient depuis plusieurs années déjà.

Il aime diversifier ses connaissances et pour ce faire, il effectue de nombreux voyages en Europe et visite ainsi l’Allemagne, la Suède, l’Italie ou l’Angleterre. Son voyage en Algérie en avril 1887 est pour lui l’occasion d’inaugurer des écoles d’enseignement supérieur à Alger. Dans le même temps, il exécute une étude spéciale des écoles françaises et locales de la Kabylie. Au cours de son séjour en Egypte en 1889, il a la chance d’assister à l’inauguration du Canal de Suez et de visiter tout le pays.

Le 10 mai 1861, il épouse Sophie Niaudet au cours d’un mariage protestant et d’une cérémonie catholique. L’ayant toujours considéré comme la femme de sa vie, il a déclaré à de nombreuses reprises qu’il ne souhaitait pas vivre sans elle. Le 18 mars 1907, jour de son décès, il meurt à son tour quelques instants plus tard, à l’âge de 80 ans. Pour certains il s’agit d’un suicide, pour d’autres son cœur n’a pas supporté la douleur de la perte de sa femme. Après leur décès, le gouvernement de l’époque décide de transporter leurs deux dépouilles au Panthéon afin de ne pas les séparer. Sophie Niaudet est de ce fait la 1ère femme à être enterrée dans ce lieu de prestige.

Marcellin Berthelot laisse derrière lui un œuvre considérable de plus de 500 mémoires concernant ses découvertes, qui ont été publiés de 1850 à 1888 dans les « Comptes rendus de l’Académie des Sciences » et dans les « Annales de physique et de chimie ». Il est également l’auteur d’ouvrages connus comme Les origines de l'alchimie (1885), Traité pratique de calorimétrie chimique (1893) et d’articles divers. Faisant preuve d’intérêt pour l’Alchimie, il n’hésite pas à se faire traduire des écrits grecs et arabes puis à rédiger des livres sur le sujet comme Les Origines de l’Alchimie en 1885 ou une Introduction à l’étude de la chimie des anciens et du Moyen-Âge. Il a pris la direction de La Grande Encyclopédie, ouvrage constitué de 31 volumes de 1 200 pages chacun et composé de 200 000 articles dont le but est de faire le point sur l’étendue des connaissances humaines de l’époque. Les articles scientifiques occupent une part importante de l’Encyclopédie.

Son héritage est important car les études qu’il a effectuées servent aujourd’hui aux industriels. Ils se servent de ses recherches sur la saponification des corps gras pour transformer des matières grasses en savon et ils utilisent celles sur la glycérine pour fabriquer de la résine, des dentifrices et des cosmétiques.

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