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Londres, LE REGARD DE ... MARCELLIN BERTHELOT


Histoire. - La première mention historique de Londres se trouve dans Tacite â l'année 61 ap. J.-C. On admet cependant en général que le nom (Londinium, Lon ou Lhong dun) est celtique. Il semble probable qu'il dut y avoir de bonne heure une ville en cet endroit qui est le point de partage entre la navigation maritime et fluviale, halte toute désignée pour les bateaux. Le site était d'ailleurs bien défendu par la nature : au N.-E. une épaisse forêt dont celle d'Epping est un débris et où les fauves pullulaient encore au XIIe siècle ; puis les marais de la Lea, de Finsbury et de la Fleet rejoignaient ceux de la Tamise. Ceux-ci étaient très vastes et inondés par la mer ; le fleuve a été en effet régularisé par des digues qui ont conquis à la terre des terrains très étendus ; on attribue ces digues aux Romains ; d'autres les font remonter à l'époque bretonne ou, au contraire, descendre jusqu'au règne de Henri VI. Tout cela est bien incertain ; mais on peut admettre qu'au moins sur l'emplacement de Londres on s'arrangea bientôt de manière à empêcher la marée de submerger les fonds sur une largeur d'un kilomètre. Quoi qu'il en soit, Londres n'égalait pas en 61 l'importance de Camulodunum ou de Verulasnium. Dans la campagne de 61, Paullinus Metonius l'abandonna aux attaques de Boadicée qui la détruisit complètement. Elle se releva, devint une colonie romaine et, grâce à sa situation, la ville principale de l'île. Sept des quinzes voies décrites dans l'Itinéraire d'Antonin y aboutissent. Ce doit être par erreur que Ptolémée la place au S. de la Tamise, les monticules de Saint Paul et de la Tour ayant certainement porté la ville primitive. L'usurpateur Allectus la pilla ; mais Constance le surprit sous ses murs. Théodose y vint en 368 sous le règne de Valentinien ; elle avait alors le titre d'Augusta. On attribue l'enceinte romaine à Théodose ou Constantin. Les fouilles ont révélé beaucoup sur la cité romaine. Il y avait des cimetières à Cheapside, Newgate, Saint Paul, lieux d'abord situés hors les murs, mais enclos dans la dernière muraille de l'époque impériale. Celle-ci partait de la butte de la Tour, passait par Aldgate, Houndsditch, Bishopsgate, Falcon square, Aldersgate, Ludgate, d'où elle rejoignait la Tamise. La bande comprise entre le fleuve et la rue de la Tamise fut conquise par un endiguement. Le tracé des rues principales parait être celui de l'époque romaine ; la place de Mansion house correspondrait à l'ancien forum, un faubourg relié à la ville par un pont existait dès lors Southwark. Il est probable que ce pont occupait la place du « pont de Londres ». Lorsque les légions eurent évacué l'ile, les Saxons ne purent, malgré leur hostilité pour les villes, se passer de Londres. Dès 604 elle était la capitale des Saxons orientaux (Essex). Ethelbert, roi de Kent, donna à Mellitus l'évêché de Londres, chez son neveu et vassal Siebert, roi d'Essex (604) ; il y fit bâtir l'église Saint Paul. Les solides remparts de Londres bravèrent les assauts des Danois. En 851, ils la prirent ; on les y retrouve en 879. En 886, Alfred le Grand restaure ses murs et la relève ; en 896, les Londoniens battent les Danois. Plus tard ceux-ci se fortifient dans Southwark ; en 994 et 1009 ils assiègent vainement la ville. En 1016, Edmund se maintient a Londres contre Canut, qui n'est reconnu roi qu'après la mort de son compétiteur. Londres paye alors un tribut de 10,500 livres, le septième de ce que paye toute l'Angleterre. Edouard le Confesseur fonde l'abbaye de Westminster (d'abord appelé Thorney island). C'est â Alfred le Grand qu'on fait remonter l'origine des institutions municipales ; à partir de ce moment les baillis de Londres jouent un rôle notable ; le principal était celui du port. En même temps on signale depuis le VIIIe siècle la présence de plusieurs communautés d'étrangers. Au moment de la conquête franco-normande, l'évêque de Londres, Guillaume Stigand, était Normand, et il existait dans la ville un parti favorable à l'envahisseur. Cependant, après la bataille d'Hastings, une fraction des vaincus se retira à Londres et proclama roi Edgar Atheling, Guillaume le Conquérant marcha sur Londres, et sa cavalerie eut l'avantage dans un sanglant combat à Southwark. Il différa néanmoins le siège et se rendit à Berkhampstead ou bientôt l'archevêque Eldred, Edgar, les comtes Edwin et Morkere et les notables de Londres vinrent lui jurer fidélité. Il fut couronné roi dans l'abbaye de Westminster (1066). Guillaume le Conquérant donne à la Cité une charte qui est encore la base de ses droits (1067), Elle est adressée l'évêque Guillaume et au portreeve (bailli du port) Godefroi et « à tous les bourgeois de Londres, Français et Anglais », leur garantissant les lois du temps du roi Edouard. Le roi bâtit d'ailleurs la Tour pour s'assurer de la ville. De l'autre côté, à l'O., le Normand Baynard éleva un second château fort (à I'E. de l'endroit on s'amorce aujourd'hui le pont de Blackfriars). En 1077, la ville brille une fois de plus ; c'était une calamité à peu près périodique ; en 1090, un ouragan abat 600 maisons et plusieurs églises. Guillaume le Roux bâtit beaucoup ; le mur de la Tour, le pont de Londres, Westminster hall. Le roi Etienne gagne l'appui des citadins par de larges concessions (1139) ; Mathilde veut les soumettre à la juridiction du comte d'Essex, et ils lui font échec. Henri II rétablit la sécurité fort compromise par le brigandage et refait en pierre le pont de Londres (1176-1209). Il subsista jusqu'au XIXe siècle ; il avait 20 arches, une porte à chaque extrémité et une chapelle au milieu. Un tableau de Londres à. cette époque a été tracé par Fitzstephen, moine de Canterbury. Il vante son opulence, sa beauté, la limpidité de ses fontaines, la fraîcheur des jardins, l'abondance des moulins à eau, parle de la sombre forêt du Middlesex et du marais qui baignait la ville au N. et servait en hiver au patinage. Vainement une ordonnance de Richard Ier interdit de construire les maisons en bois. Il est curieux aussi de signaler la résistance des bourgeois contre l'emploi du charbon de terre, craignant qu'il n'altérât la blancheur de leurs habitations. En 1189, le titre de portreeve fait place à celui de maire (mayor) ; le premier fut Henri Fitz Alwin qui exerça la fonction jusqu'en 1212. Richard Coeur de Lion confirma moyennant 1,500 livres les prétentions des bourgeois à la juridiction sur la Tamise. Jean sans Terre donna plusieurs chartes à la Cité, dont la Grande Charte garantit expressément les privilèges. Elle n'en prit pas moins le parti des barons contre lui ; on rebâtit la porte d'Aldgate en pierre de Caen et briques de Flandre avec les fonds enlevés aux monastères ; les maisons des juifs furent démolies pour fournir des matériaux. Sous les premiers rois normands, une série de fondations religieuses avaient été faites Londres. Au XIIIe siècle s'y établirent les ordres monastiques : les dominicains ou frères prêcheurs noirs furent d'abord (1221) à Holborn (au lieu où sera Lincolns inn), puis auprès du château Baynard (1276) : les franciscains ou frères gris s'installèrent au quartier de Farringdon (1224) ; les carmélites ou frères blancs (1241) entre le Strand et Fleet street au lieu qui garde encore leur nom (White friars) ; les augustins (Austin ou Eremit friars) en 1253 dans Broad street ; les Crutched ou Crossed friars, en 1298, furent les derniers. Sous les Plantagenets, les deux tiers de Londres se trouvèrent ainsi occupes par les églises, couvents et hospices. En 1245, Pierre, comte de Savoie, et Richmond, oncle d'Eléonore, femme de Henri III, édifia le palais de Savoie ; près de celui de Durham s'établirent les frères de Sainte-Marie de Arena (au lieu-dit maintenant Adelphi) ; W. Marshal, comte de Pembroke, fonda l'hôpital et le couvent de Saint Mary Rouncivale au village de Charing ; ainsi se bâtissait peu à peu la route qui reliait Londres à Westminster. De ce côté, vers le commencement du XVe siècle, la Cité annexe le faubourg de Fleet street et du Temple, reportant sa limite Temple bar. Le palais de Westminster était enveloppé d'une enceinte fortifiée. La place de Smithfield (exactement Smoothfield), au N. de la Cité, servait de marché aux chevaux et de lieu d'exécution ; Wallace, Mortimer y furent suppliciés. En 1290, Edouard Ier ayant perdu sa femme Eléonore de Castille fit élever en son honneur deux croix de pierre aux points où le cercueil s'était arrêté ; l'une à. Cheapside, l'autre à Charing. A la même époque, on expulsa les juifs ; quand ils revinrent, plusieurs siècles plus tard, ils ne réoccupèrent pas le quartier de la Vieille Juiverie ou ils vivaient depuis Guillaume le Conquérant, mais les environs d'Aldgate. Le règne d'Edouard Ier marque une date importante dans l'histoire de Londres. Le maire ayant offensé le roi par ses prétentions (1285), Edouard priva la ville de ses franchises et la fit gouverner par son trésorier, John de Kirkeby. En 1297, il lui restitua le droit d'élire un maire. A cette époque fut fixée l'organisation municipale avec le conseil des aldermen, le conseil commun, la division en 22 quartiers. En 1313, la suppression des templiers fit passer leur vaste enclos au comte de Pembroke, puis aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, lesquels louèrent la partie intérieure et le milieu aux étudiants. En 1314-17 se place une famine comparable à celle de 1253 qui avait fait périr 20,000 Londoniens. La première moitié du XIVe siècle fut pourtant une époque de prospérité ; les grandes fêtes qu'y célébraient les rois, les processions déroulées à travers les rues, les tournois à Smithfield avaient un grand éclat. Edouard III concède au maire le titre de lord ; il donne aux gens de Londres le bourg de Southwark, repaire de dangereux malfaiteurs. La grande épidémie de peste noire fit mourir la moitié de la population ; le cimetière remplacé par Charter house reçut alors 50,000 corps. En 1361, nouvelle épidémie qui emporta 2,000 personnes en deux jours. En 1381, les paysans insurgés sont amenés Londres par Wat Tyler. Ils entrent à Southwark, rasent les maisons des gens de justice, brillent le palais archiépiscopal à Lambeth. Le lendemain (11 juin), les bourgeois n'osant résister leur ouvrent la Cité où ils brûlent le palais de Savoie, le Temple, le prieuré de Saint-Jean de Jérusalem, décapitent le trésorier Robert Hales et l'archevêque de Canterbury, lord chancelier, Simon Sidbury. Quand ils se sont retirés, le lord-maire de Londres, W. Walworth, assassine Wat Tyler dans son entrevue avec le jeune roi Richard II sur la place de Smithfield. La prospérité de la ville à cette époque est attestée par l'achèvement du Guildhall (1419), par les avances faites aux souverains pour leurs guerres ; on raconte que le lord-maire Richard Whittington brûla les reconnaissances de 60,000 livres sterling qu'il avait prêtées au roi Henri V. On mit en meilleur état les fortifications de Londres ; on laissa pourtant entrer les paysans de Jack Cade, mais on se battit dans la Cité et finalement les Londoniens eurent l'avantage. En 1471, Thomas Nevill, fils de lord Fauconbergh, attaque la ville par terre et par eau et, malgré des assauts répétés, il échoue complètement. Quand le duc de Gloucester (Richard III) voulut prendre la couronne, il s'assura l'appui du lord-maire Edmund Shaw ; il se logea à Crosby hall, près de Bishopsgate, au milieu du peuple qui aimait beaucoup l'usurpateur. De l'époque des Tudors datent les premiers plans de Londres qui se soient conservés. Ce fut sous les règnes de Henri VII et de Henri VIII un temps de magnifiques parades, alternant avec de meurtrières épidémies de suette et de peste. En 1497, la capitale arrête l'attaque de Perkins Warbeck qui campe à Blackheath. La sécularisation des monastères accumulés par les dynasties des Normands et des Plantagenets fut un changement complet, puisque les moines et clercs formaient le tiers de la population et occupaient les deux tiers du sol. Il fallut longtemps pour donner de nouvelles affectations à tous ces bâtiments ; le premier Parlement d'Edouard II les attribua au roi ; les bourgeois en rachetèrent beaucoup ; des fondations charitables, hospices, écoles, etc. A la mort d'Edouard VI, Jane Grey fut proclamée reine à la Tour, mais le lord-maire et les aldermen proclamèrent Marie à Cheapside. Toutefois, lorsqu'elle voulut épouser Philippe d'Espagne, le mécontentement fut grand. Les bourgeois ne se rallièrent pourtant pas à l'insurrection de Thomas Wyat. Il prit Southwark, mais trouva le pont fermé ; il passa la Tamise Kingston, défit à Charing cross la troupe de Gage, mais ne put forcer l'entrée de Ludgate et se retira. Les bûchers de Smithfield s'allumèrent pour les protestants. Ceux-ci reprirent le dessus avec Elisabeth. Elle ne fut pas très favorable à l'entassement des habitants dans une grande ville. Son ordonnance de 1580 interdit d'élever de nouvelles maisons dans un rayon de trois milles autour de ses portes (même d'achever celles qui sont en construction), de loger plus d'une famille par maison. D'autre part, elle refuse d'interdire les représentations théâtrales que le lord-maire voulait faire cesser, invoquant à la fois le danger des épidémies et des scrupules puritains. A la fin du XVIe siècle, malgré le danger des épidémies et des ordonnances restrictives, Londres continuait de grandir. Contre l'Armada espagnole, il put fournir 20,000 combattants et 38 vaisseaux. On avait drainé le marais du N. (Moorfields) ; cependant Piccadilly était encore une route de campagne (vers Reading) comme celle d'Oxford, Saint Giles un village dans les champs, Covent garden un jardin ouvert ; on allait à la campagne à Bloomsbury et Holborn ; les maisons nobles s'étalaient du Strand à la Tamise. Les courtisans, suivant l'exemple de la reine, se bâtissaient des châteaux dans les comtés voisins. L'époque des Stuarts vit de grands changements. L'avènement de Jacques Ier fut salué par une peste qui tua 30,000 personnes, celui de Charles Ier par une autre qui en tua 45,000. Le règne de Charles Ier est le commencement du Londres moderne dont la crainte justifiée des souverains tentait inutilement de paralyser l'accroissement, interdisant les constructions, le séjour à la ville des propriétaires campagnards durant l'été. En 1632, Inigo Jones dessine la place de Covent garden après les jardins de Lincolns inn. L'aristocratie émigra de la Cité au N. de Westminster. Quand éclata la guerre civile, Londres fut le boulevard des parlementaires. Un fort rempart de terre bastionné enveloppa la Cité, Westminster et Southwark ; elle atteignait Grosvenor square. L'emplacement du jeu de paume (Pall Mall) fut construit ; un autre mail fut aménagé au N. du parc Saint James, Piccadilly également. En 1650, Cromwell autorisa le retour des juifs qui se logèrent autour d'Aldgate. En déc. 1664 commença la grande peste de Londres qui fut à son apogée de mai à oct. 1665, où la mortalité monta à 7,400 têtes par semaine, et ne prit fin qu'en janv. 1666. Les registres officiels accusent 68,950 décès ; le total dut approcher de 100,000. Le 2 sept. 1666, à une heure du matin, éclata, dans une maison de Pudding Iane appartenant au boulanger royal Farryner, un incendie qui, favorisé par un fort vent se propagea rapidement dans les maisons de bois à toits de chaume et ne put être isolé que le 5 au soir ; les rues étroites n'avaient pu l'arrêter et le brasier embrassa presque toute la Cité ; on ne l'arrêta qu'en faisant sauter des rangées de maisons. De la Tour au Temple et à Holborn, sur 436 acres (175 hect.), tout était détruit ; il ne restait debout que 73 acres (30 hect.), une partie de 8 quartiers sur 26 ; les flammes avaient dévoré 400 rues, 13,200 maisons, 89 églises, la plupart des monuments. On y gagna la disparition de la peste, grâce à celle des ignobles ruelles et bouges qui leur servaient de foyer. On rebâtit en briques sous la surveillance de l'architecte Hook ; mais on n'adopta ni son plan, ni ceux d'Evelyn ou de Wren pour la reconstitution méthodique de la capitale, avec de larges rues, de 10 à 30 m., de vastes places et des quais le long de la Tamise. La résistance de la grande corporation des charpentiers avait jusqu'alors perpétué les constructions en bois ; il fallut un acte du Parlement pour les prohiber. La physionomie actuelle de Londres date de ce moment. - Charles II dirigea une attaque contre les franchises de la Cité de Londres. En 1683, sous prétexte que son conseil commun avait levé des taxes de marché sans autorisation et fait imprimer une pétition réclamant le retour du Parlement, il rendit un mandat quo warranto contre la corporation de la Cité et fit déclarer par la Cour du Banc du roi sa charte forfaite, puis il nomma des aldermen, un lord-maire et des sheriffs. Les libertés ne furent restaurées qu'en 1690 par Guillaume d'Orange. Il faut mentionner l'hiver de 1683-84, si rigoureux que sur la Tamise gelée à 11 pouces de profondeur on put tenir une foire : il gela 13 semaines, depuis la mi-novembre jusqu'à la mi-février. La révocation de l'édit de Nantes accrut la population de Londres d'une quantité de réfugiés protestants français qui s'établirent à l'E., créant notamment les manufactures de soie de Spitalfields. Ce fut un précieux appoint ; dans la seule année 1687, Londres en naturalisa 13,500. Guillaume que la fumée de la ville rendait malade, se logea à Kensington, hameau qui prit ainsi de l'importance. Dans la nuit du 26 au 27 nov. 1703, un ouragan fit d'effroyables dégâts ; dans la Cité seule on les évalua à 30 millions de fr. : 60 navires coulèrent. En 1710 fut décidée l'érection de 50 églises pour les faubourgs septentrionaux. Sous le règne de Georges Ier, l'immoralité de la cour se généralisa dans toute la société. Londres prit alors un aspect de brutale indécence qui a persisté depuis, et dont Hogarth a été le peintre implacable. Au XVIIIe siècle se fit une autre grande modification. Jusqu'alors la tendance avait été de s'agrandir le long du fleuve qui favorisait les transports ; les palais s'alignaient sur les rives. A partir de ce siècle les voitures prirent le dessus sur les bateaux ; l'on construisit du côté de la campagne. En premier lieu dans le West end ; le comte de Burlington donna l'exemple (1716), le quartier entre Bond street et Marylebone fut bâti l'année suivante ; en 1725 celui de Hanover square. Le N. restait encore vide ; en 1756 une ferme occupait l'emplacement actuel du British Museum. A l'E. on couvre de maisons l'espace entre White chapel et Shadwell, Stepney et Goodman fields. Au S. les ponts se multiplient et les quartiers de la rive droite prennent une rapide extension. On démolit les maisons qui rétrécissaient le passage sur le vieux pont de Londres, les portes de la Cite sont supprimées en 1760-62. Les frères Adam eurent une grande influence sur l'aspect de Londres en inventant la combinaison qui groupe plusieurs maisons en un seul ensemble architectural. Les principaux événements accomplis à. Londres au XVIIIe siècle se confondent avec l'histoire générale de l'Angleterre. Rappelons seulement les conférences du 18 juin 1718 où fut conclue contre l'Espagne la Quadruple Alliance ; le traité du 16 juin 1756 entre l'Angleterre et la Prusse contre la France et l'Autriche ; en 1780 les émeutes suscitées le 2 juin 1780 par la pétition de lord G. Gordon contre les concessions accordées aux catholiques ; les prisons furent forcées, on pilla et brûla ; il fallut l'intervention de l'armée pour sauver la ville. Au XIXe siècle continuèrent les agrandissements dont nous avons tracé le tableau précédemment, Londres fournit 42,000 volontaires pour combattre la France, et après la reprise des hostilités les enrôlements spontanés furent encore plus nombreux. Même l'agitation chartiste ne provoqua que des troubles sans importance. Les événements les plus marquants furent les fêtes pacifiques des expositions universelles de 1851 et 1862 et des négociations diplomatiques ; les conférences de Londres de 1829 et 1832 qui réglèrent le sort de la Grèce ; celle de 1830-31 et 1839 qui statuèrent sur celui de la Belgique ; le congrès de 1850 qui régla par le protocole du 8 mai la question des duchés (Slesvig-Holstein) et la succession danoise. Nouvelles conférences en 1863 pour choisir un roi de Grèce ; en 1864 (avril-juin) à l'occasion de la guerre du Danemark ; en 1871 pour la révision du traité de Paris de 1856. Quant à la vie intérieure de la ville, le fait capital est le dépeuplement de la Cité et l'habitude introduite par les chemins de fer de n'avoir au centre que des bureaux où l'on se rend de ses habitations situées dans la périphérie.

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